Alexandre Boyadjian
Guitare Classique Alexandre Boyadjian de 1987
Alexandre Boyadjian : de l’ébénisterie à la guitare classique de concert
Alexandre Boyadjian (1932-1999) est un luthier établi à Lyon. Ancien ouvrier ébéniste, il devient artisan en 1968 après vingt-deux années de salariat. Il fabrique d’abord des meubles et quelques instruments avant de se consacrer exclusivement à la lutherie quatre ans plus tard en 1972.
Son parcours permet de comprendre ses guitares : Boyadjian ne semble pas avoir envisagé la lutherie comme la reproduction immuable d'une recette. Dans un portrait publié par Le Progrès le 18 avril 1982, le journaliste Marc Giouse rapporte ses recherches prolongées sur la structure de ses instruments et ses modifications régulières du barrage. Boyadjian indiquait alors être parvenu, depuis environ un an, à une solution qui le satisfaisait pour l'essentiel.
Une guitare construite en 1987 intervient donc plusieurs années après cette étape importante de ses recherches acoustiques et jouit de la maturité de ses recherches structurelles et sonore.
Le barrage et la rosace : deux signatures du travail de Boyadjian
L'un des aspects les mieux documentés de sa méthode concerne la table d'harmonie. Boyadjian utilisait notamment épicéa des Carpates et cèdre rouge d'Alaska, qu'il sélectionnait lui-même lors de voyages annuels à Mittenwald. Il travaillait l'épaisseur de la table au dixième de millimètre et accordait une importance fondamentale à son barrage.
Sa rosace réalisée à la main constitue également une signature particulièrement intéressante. Le reportage de 1982 décrit une véritable mosaïque obtenue par assemblage de minuscules éléments de bois colorés, ensuite débités en fines sections et incrustés autour de l'ouverture de la table une méthode traditionnelle et minutieuse.
Il s'agit moins d'une décoration générique que d'un témoignage particulièrement visible du caractère artisanal de ses guitares.
Une guitare issue d’une production artisanale lyonnaise
La production annuelle exacte d'Alexandre Boyadjian en 1987 n'est pas établie par une source suffisamment fiable parmi celles retrouvées.
Nous disposons néanmoins d'un élément concret sur son rythme de fabrication : en 1982, Le Progrès indiquait que la réalisation d'une guitare exigeait environ deux semaines de travail.
L'année 1987 possède par ailleurs un intérêt documentaire particulier : les archives photographiques de Gérard Reyne signalent le nouvel atelier d'Alexandre Boyadjian le 30 décembre 1987.
Cette guitare appartient donc à une production de luthier extrêmement éloignée des méthodes industrielles et mérite d'être considérée comme un instrument individuel plutôt que comme le simple exemplaire d'une série standardisée.
Les guitaristes liés à Alexandre Boyadjian
Par ailleurs, le sources permettent d'établir des liens avec plusieurs musiciens, mais pas nécessairement avec cette guitare de 1987.
Dans son portrait de 1982, Boyadjian citait parmi les clients devenus ses amis les guitaristes lyonnais Thomas Navas, Gérard Reyne et François Castet, ce dernier étant présenté comme professeur au Conservatoire.
Caractéristiques techniques :
- Table : Épicéa
- Fond : Palissandre
- Eclisses : Palissandre
- Manche : Acajou
- Touche : Ébène
- Largeur au sillet : 55 mm
- Radius : Plat
- Frettes : 21 frettes
- Diapason : 658 mm
- Profil : Slim D
- Pays de fabrication : France, Lyon
- Année : 1987
- Finition : Naturelle
- Décorations : Filets en bordure de table, d'éclisses, de fond et de rosace / Rosace en marqueterie fine de bois
- Détails : Traces d'usure et d'utilisation normales / Pocs réparée sur l'éclisse droite et fissurée de table réparée sous le chevalet / Très bon état général / Livrée dans son étui rigide
Comme tous nos instruments, cette guitare a été réglée avec soin.
Ainsi elle possède un très bon confort de jeu.
Cette guitare Boyadjian dévoile une sonorité profonde, ample, chaleureuse et raffinée, portée par des basses rondes et généreuses, des médiums riches et expressifs et des aigus clairs, soyeux et délicatement harmoniques.
Son jeu se révèle réactif, dynamique, équilibré et nuancé, avec une attaque précise et articulée, une belle projection et un sustain élégant, chantant et enveloppant, particulièrement séduisant pour le répertoire classique.



















