Julian Gomez Ramirez
Mandoline de Concert Plate Julian Gomez Ramirez de 1928
RÉSERVÉE
Cette Mandoline de Concert Plate Julian Gomez Ramirez de 1928 incarne l’une des périodes les plus raffinées de la lutherie européenne, à une époque où Paris devenait un véritable carrefour artistique pour les musiciens, les compositeurs et les grands artisans venus d’Espagne et d’Italie.

Mandoline de Julian Gomez Ramirez datée de 1930 présente dans les collections du musée de la Philharmonie de Paris.
(Source : www.collectionsdumusee.philharmoniedeparis.fr)
Né à Madrid en 1879, Julián Gómez Ramírez appartient à cette génération de maîtres luthiers qui ont profondément transformé la facture des instruments à cordes au début du 20ème siècle, en apportant à la France la tradition sonore et artisanale de la guitare et de la mandoline espagnoles.

Photo de Julian Gomez Ramirez dans son atelier, dédicacée et datée de 1943.
(Source : www.finefretted.com)
Très jeune, il se forme dans l’univers exigeant des ateliers madrilènes, notamment auprès d’Agustín Andrés, avant d’intégrer l’influence majeure de José Ramírez I, figure mythique de la lutherie espagnole et héritier direct de l’école d’Antonio de Torres, considéré comme le père de la guitare classique moderne.
À cette époque, Madrid rayonne grâce à une génération exceptionnelle de luthiers comprenant Manuel Ramírez, Santos Hernández, Enrique Garcia ou encore Francisco Simplicio, tous engagés dans une quête commune : donner davantage de puissance, de projection et de noblesse sonore aux instruments à cordes.
Lorsque Julián Gómez Ramírez s’installe à Paris vers 1908, la capitale française est alors en pleine effervescence culturelle, portée par les salons musicaux, les cafés-concerts et l’émergence d’une bourgeoisie passionnée par les instruments de concert raffinés.
Son arrivée marque un tournant important dans l’histoire de la lutherie française, car il devient l’un des premiers artisans espagnols à introduire durablement la tradition de la guitare et de la mandoline ibériques dans l’univers musical parisien.
Son travail séduit rapidement les musiciens grâce à une esthétique d’une sobriété rare, loin des instruments excessivement décorés encore très répandus au début du siècle.
Chez Julián Gómez Ramírez, tout repose sur l’équilibre des proportions, la précision des barrages, la sélection minutieuse des bois et une recherche permanente de musicalité.
Cette philosophie artisanale influencera directement des figures majeures comme Robert Bouchet, immense luthier français du 20ème siècle, qui reconnaîtra l’importance de Gómez Ramírez dans sa propre compréhension de l’instrument acoustique.
Dans le Paris des années 1920, les mandolines de concert connaissent un véritable regain d’intérêt grâce aux orchestres à plectre, aux ensembles napolitains et aux interprètes virtuoses qui recherchent des instruments capables de conjuguer puissance, finesse et expressivité.
Cette Mandoline de Concert Plate de 1928 apparaît alors comme un parfait témoignage de cette époque élégante et artistique où les instruments n’étaient pas uniquement des objets musicaux, mais aussi des œuvres d’art destinées aux scènes de concert et aux salons cultivés.
Le modèle reflète admirablement le savoir-faire de Julián Gómez Ramírez, avec une construction inspirée des grandes traditions espagnoles tout en intégrant une sensibilité française plus équilibrée et plus raffinée dans les finitions.
On retrouve dans cet instrument toute la rigueur des grands ateliers madrilènes, mais également cette poésie sonore propre aux instruments construits à Paris durant l’entre-deux-guerres.
Les années 1920 correspondent également à une période où la musique populaire, le répertoire classique et les influences méditerranéennes se rencontrent intensément, donnant à la mandoline une place privilégiée dans les ensembles de chambre et les orchestres de cordes pincées.
Des artistes comme Raffaele Calace en Italie ou Andrés Segovia pour la guitare participent alors à replacer les instruments à cordes traditionnels au centre de la scène musicale européenne, contribuant indirectement à valoriser le travail des grands luthiers comme Julián Gómez Ramírez.
La finesse de ses instruments attire des musiciens exigeants recherchant avant tout une réponse dynamique précise, une richesse harmonique profonde et une personnalité sonore immédiatement identifiable.
Et cette mandoline de concert plate de 1928 représente donc aujourd’hui un témoignage extrêmement précieux d’un artisan discret mais fondamental dans l’histoire de la lutherie européenne du 20ème siècle.
Elle incarne cette transition fascinante entre la tradition espagnole du 19ème siècle et l’élégance acoustique française qui influencera durablement la facture des instruments modernes.
Caractéristiques techniques :
- Table : Épicéa
- Fond : Palissandre
- Eclisses : Palissandre
- Manche : Acajou
- Touche : Ébène
- Largeur au sillet : 27 mm
- Radius : Plat
- Frettes : 22 frettes (+1 frette zéro)
- Diapason : 340 mm
- Profil : C
- Pickguard : Acétate de cellulose imitation écaille
- Pays de fabrication : France, Paris
- Année : 1928
- Finition : Naturelle (vernis au tampon)
- Décorations : Filets en bordure de table, de fond et de rosace / Repères de touche en pastilles de nacre blanche
- Détails : Traces d'usure et d'utilisation normales à la vue de son ancienneté / Fente de fond professionnellement fixée et réparée / Dans son étui d'origine
Comme tous nos instruments, cette mandoline a été réglée avec grand soin.
Ainsi elle possède un super bon confort de jeu.
























